Les chevaux qui m’ont fait aimer les courses . No 4. Ivanjica


Nous n’avons pas étudié le cheval dans les mêmes écoles, Monsieur ! Vous étiez à Vaugirard quand j’étais à Saumur. J’apprenais le pas espagnol quand vous débitiez du saucisson sur votre étal, et vous en étiez probablement au steack haché quand j’enseignais le trot raccourci !

  • Jean Gabin, Le Gentleman d’Epsom (1962), écrit par Michel Audiard
    Chaque semaine, je vais essayer de vous parler de mes souvenirs de Turfiste. Cela fait certainement ‘vieux con’, mais il est temps que les ‘jeunes cons’ soient au parfum au sujet des chevaux qui ont comblé mes rêves. Il y aura Trotteurs, Galopeurs et Sauteurs mélangés au gré de mes souvenirs.

 

Numéro 4 : Ivanjica

 

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La belle Ivanjica

 

    Au galop mon premier béguin se nomme Ivanjica de l’écurie Wertheimer . Avant toute chose, je dois dire que Freddy Head et l’écurie des Frères Wertheimer m’ont toujours fait rêver. Mais Ivanjica est mon premier coup de cœur chez les galopeurs. Avant la fille de Sir Irvor, j’ai aimé les Lyphard, Riverman, mais pas tombé amoureux d’eux comme de cette Ivanjica. Je l’avais repéré dans la Poule d’essai des Pouliches. Lauréate du Vermeille à 3 ans, elle déçue ensuite dans l’Arc. La meilleure année d’Ivanjica a été celle de quatre ans où après un printemps difficile, la partenaire de Freddy Head a gagné ‘Le Prince Orange’, suite à cette victoire la pouliche a triomphé à l’issue d’une sacrée fin de course dans le Prix de l’Arc de Triomphe devançant le bon Crow piloté par Yves Saint Martin et le Champion Youth.

 

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Freddy Head et Ivanjica

 

      Lors de sa victoire et bien que sortant de l’armée peu riche…j’avais joué assez cher vu mes moyens sur ‘ma Ivanjica’. Aussitôt le poteau passé, j’étais comme un chien fou. Mais coup de Théâtre à Longchamp…j’ai encore dans les oreilles le grondement de la foule au moment où Freddy, ivre de bonheur, se retrouve les fesses par terre. Ivanjica ayant très envie de refaire un tour de piste avait décidé de faire demi-tour sans son jockey… Lorsque l’on sait que vingt minutes sont autorisées pour le retour aux balances ( pesée et vérification du cheval), presque tout l’entourage et amis se sont lançés sur la piste de Longchamp afin de rattraper la pouliche. Robert Jallu, Henri Van de Poêle, compris. Et moi planté comme un con au milieu du pavillon en me disant pourvu qu’ils la rattrape à temps…Sinon l’oseille va finir chez le guichetier.
Enfin l’histoire se termina comme dans les meilleurs films Américains, Ivanjica fut rattrapée par les hommes de piste à hauteur du célèbre moulin.  Quant à votre serviteur direction la caisse chercher l’oseille après que le rouge soit mis…Ivanjica a terminé sa carrière de course par une troisième place à Laurel Park, puis est entrée au haras où elle a donné quatre produits dont deux vus en course dans des handicaps.

 

La suite au prochain numéro…
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